La Fed maintient ses taux, mais le marché commence à resserrer de lui-même
Selon Huoxing Finance, la Réserve fédérale américaine a, le 30 juillet, laissé ses taux inchangés à l'issue du FOMC de juillet, dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, conformément aux attentes.
Au-delà du niveau des taux, le message de politique monétaire a surtout retenu l'attention. Pour la première fois depuis 2016, trois responsables régionaux de la Fed ont soutenu à l'unanimité une hausse des taux. Le président Jerome Powell a aussi insisté sur le fait que la décision ne devait pas être interprétée comme une "pause". La Fed affirme vouloir observer les prix de marché plutôt que les suivre, réaffirme qu'il n'y a aucune marge de manœuvre autour de l'objectif d'inflation à 2%, et continue de minimiser la "forward guidance". La fonction de réaction devrait donc dépendre davantage des données en temps réel, au prix d'une incertitude monétaire désormais installée dans le paysage financier.
La réaction des marchés a été révélatrice. Alors que FedWatch indiquait un recul des anticipations de hausses supplémentaires cette année, les rendements des Treasuries à long terme se sont envolés. Le 30 ans a atteint un plus haut depuis 2007, tandis que les actions ont reculé de manière généralisée après l'annonce. Les investisseurs n'ont pas perçu le statu quo comme un assouplissement, mais ont exigé une prime de risque plus élevée sur les maturités longues.
En clair, le marché estime que, pour préserver la crédibilité de la cible de 2%, la Fed devra finir par agir par des mesures concrètes. D'ici là, le marché obligataire durcit de façon préventive les conditions financières via la hausse des rendements, "remontant les taux à la place de la Fed".
Sur le front géopolitique, les tensions au Moyen-Orient se ravivent. Les États-Unis ont élargi leurs frappes contre l'Iran et maintenu les sanctions visant ses infrastructures énergétiques. Les réserves stratégiques de pétrole (Strategic Petroleum Reserve) sont tombées à leur plus bas niveau depuis 1983, et Abou Dhabi a relevé ses prix du brut pour les acheteurs asiatiques, signe que les risques sur l'offre énergétique restent entiers.
Si l'énergie relançait la pression inflationniste, tandis que les investissements dans les infrastructures liées à l'IA continuent d'alimenter la demande, le soutien interne à de nouvelles hausses de taux pourrait se renforcer, rendant le débat du FOMC de septembre plus sensible.
À court terme, l'enjeu n'est plus seulement de savoir si une hausse interviendra en septembre, mais si le coût du capital mondial va continuer de grimper. Avec des taux longs élevés, une guidance qui s'efface et des risques géopolitiques qui entretiennent la prime énergie, les actifs à forte valorisation subiront une pression accrue via le taux d'actualisation, et la volatilité pourrait rester élevée.
Côté cryptoactifs, le Bitcoin profite encore des flux liés aux ETF. Mais si la liquidité mondiale se contracte sous l'effet d'une remontée persistante des taux longs, les mouvements de prix à court terme resteront très sensibles à l'appétit pour le risque. Les opérateurs sont invités à surveiller de près les prochaines données d'inflation américaines, l'évolution des rendements des Treasuries à long terme et les commentaires des responsables de la Fed avant le FOMC de septembre.